L'usine de Cognin en 1916.


   Opinel se porte bien ! Dans les deux usines, celle de Cognin et celle, ultramoderne, de la Revériaz, à Chambéry, une centaine de personnes maintiennent la tradition de qualité chère au fondateur de la marque. Bien sûr, la tradition n’est pas le passéisme ! Les manches ne sont plus façonnés à la main, tout ce qui a pu être automatisé l’a été. Les vieilles installations ont été remplacées par des machines robotisées, de conception maison — là, on est fidèle à la tradition — pour effectuer la cinquantaine d’opérations nécessaires à la fabrication d’un couteau.
 
       A l’aide d’une presse de 120 tonnes, la lame est découpée dans du feuillard d’acier. Elle est ensuite chauffée à plus de 800° avant d’être plongée dans un bain d’huile spéciale : c’est la «trempe» qui va lui donner sa dureté. Puis elle est nettoyée, chauffée de nouveau et refroidie à l’air : c’est le «revenu». Enfin, suivent les opérations d’aiguisage et de polissage.
 
 

   La virole est découpée dans des feuillards d’acier doux : les petits trapèzes sont amenés à leur forme conique par emboutissage, une presse leur donnant leur aspect définitif.
   Les manches sont fabriqués à partir de carrelets en hêtre ou merisier de la région. Des machines automatiques effectuent la mise en forme et la fente. Les copeaux de bois servent à chauffer l’usine, ainsi que l’étuve destinée à sécher les manches. Cette technique, utilisée dès 1970, est devenue plus intéressante encore depuis la hausse des prix du pétrole, car elle permet d’économiser 200.000 litres de fuel par an. Au vernissage des manches succède le montage des lames et des viroles, par intervention manuelle. Les couteaux sont alors prêts à être vendus dans le monde entier.
 

   

   Comme tout objet de qualité, remportant un succès mérité, le couteau Opinel a parfois tenté les plagiaires, mais sans grand résultat ! On n’improvise pas le savoir-faire. L’utilisateur ne peut se tromper, l’Opinel est bien reconnaissable. Les tailles du siècle dernier ont été conservées : du N° 2, à la lame de 35 mm pour 45 mm de manche, au N° 12 et sa lame de 120 mm, avec même un exceptionnel N° 13 qui, si l’on avait gardé la numérotation régulière de la série devrait s’appeler N° 24. Mais n’oublions pas les modèles spéciaux : couteau à lame pointue, à lame courbe, inoxydable, à lame effilée ; série luxe au manche de bois précieux, à la lame «polie-glace» ; scie fermante ; couteau du Bicentenaire au manche en bonnet phrygien ; bijou enfin, où les ors blanc et jaune se mêlent au lapis-lazuli, à l’onyx ou au vermeil.
   Et puis, pour les jeux d’hiver de 1992, qui d’autre pouvait être choisi pour fabriquer le couteau olympique, sinon Opinel ? Le couteau savoyard pour les jeux de Savoie. Et là, dans sa livrée de laque blanche et rouge marquée de la flamme olympique et de l’inscription «Albertville 92», il se paie même le luxe de ne plus dire son nom. La lame porte seulement «Savoie, France».
 

 
       Après avoir accompagné les Jeux Olympiques, il a tenu à célébrer le cinquantenaire du débarquement d’août 1944 par des éditions numérotées en français et en anglais. L’invention du cinéma à Lyon par les frères LUMIERE en 1895 a été commémorée par un couteau OPINEL spécial «noir et blanc» et bien sûr, la Coupe du Monde de football 1998 ne se fait pas sans le couteau OPINEL.

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