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Mais avec le succès, le petit couteau de Maurienne
n’allait-il pas se trouver à l’étroit sur les rives de l’Arvan ? Déjà,
il avait quelque peu essaimé. Un oncle de Joseph, Pierre Opinel (1829
- 1912) s’était installé au Plan des Rois, un peu en aval de Gevoudaz,
sur la partie basse de la commune de Fontcouverte. Son fils Jean-Marie
(1884 - 1949) lui succéda, puis ses petits-enfants Henri et Colbert. Cette
usine utilisait comme marque la Croix et la Palme. Elle arrêtera sa fabrication
en 1967. A son apogée, elle employait une dizaine d’ouvriers et produisait
plus de six cents couteaux par jour. |
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| Jean Opinel (1877 - 1943), frère de
Joseph, après avoir travaillé avec son père, puis avec son aîné, s’installa
également au Plan des Rois, avant de créer un nouvel atelier à Saint-Jean-de-Maurienne,
en 1932. |
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Cet atelier fut dirigé ensuite par ses fils Daniel
et René et son petit-fils Jacques. Ses lames portaient la marque de la
Croix de Savoie couronnée. |
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| Lorsque tout fonctionnait
entre Gevoudaz et le Plan des Rois, ce devait être une ruche bourdonnante.
La population du hameau n’y suffisait pas et il fallait faire appel aux
hommes des villages environnants : Charvin, la Bise, le Crêt, la Bettaz. Mais les temps changeaient. Le XXe siècle ne se contentait plus d’un artisanat qui n’était que le complément d’une activité agro-pastorale. Si Opinel était resté cantonné dans les gorges étroites de l’Arvan, serait-il devenu ce qu’il est ? |
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Joseph voyait plus loin et plus grand.
Dès 1916, il se préoccupa de trouver un espace plus en rapport avec les
ambitions que lui autorisait la qualité de ses couteaux : un vrai espace
industriel. C’était la force motrice de l’eau qui avait fixé sa famille
sur les rives de l’Arvan, c’est la force de l’eau qui le poussera à s’installer
près de Chambéry, à Cognin. Là, à proximité de la capitale de la Savoie, le canal de l’Hyères actionnait les «artifices» de seize «usiniers». C’est l’installation N° 10 qu’acheta Joseph Opinel, celle de J. B. Dumas, tanneur. Les machines de Gevoudaz furent transportées à dos de mulet ou en charrette jusqu’à la gare de Saint-Jean-de-Maurienne, puis par le train. Mais elles ne constituèrent qu’un point de départ car l’usine s’agrandit très vite, après la première guerre mondiale. D’autant plus que Joseph était désormais secondé par ses enfants : Marcel (1898 - 1990) qui dirigeait avec lui la partie industrielle de la coutellerie, s’occupait de la conception des machines, des produits, etc. ; Léon (1900 - 1964), qui dirigeait la partie commerciale (direction des vendeurs, publicité, relations avec les clients) et Angéline (1903 - 1988) qui, avant son mariage, tint la comptabilité. |
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| Le fils de Marcel, Maurice Opinel, actuel président de la société Opinel, reste très attaché à ce canal qui fixa ici sa famille. Pourtant, aujourd’hui, on a d’autres moyens d’assurer la force motrice et l’eau de l’Hyères n’est plus guère utilisée que pour le refroidissement d’un échangeur d’huile. | |||