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L'atelier du père de Joseph Opinel
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L'atelier du pont de Gevoudaz
L'atelier du pont de Gevoudaz
L'usine de Cognin en 1928
L'usine de Cognin en 1928
Le site de la Revériaz à Chambéry en 1981
Le site de la Revériaz à Chambéry en 1981

De Gevoudaz à Cognin

Mais avec le succès, le petit couteau de Maurienne n’allait-il pas se trouver à l’étroit sur les rives de l’Arvan ? Déjà, il avait quelque peu essaimé. Un oncle de Joseph, Pierre Opinel (1829 - 1912) s’était installé au Plan des Rois, un peu en aval de Gevoudaz, sur la partie basse de la commune de Fontcouverte. Son fils Jean-Marie (1884 - 1949) lui succéda, puis ses petits-enfants Henri et Colbert. Cette usine utilisait comme marque la Croix et la Palme. Elle arrêtera sa fabrication en 1967. A son apogée, elle employait une dizaine d’ouvriers et produisait plus de six cents couteaux par jour.
   
Jean Opinel (1877 - 1943), frère de Joseph, après avoir travaillé avec son père, puis avec son aîné, s’installa également au Plan des Rois, avant de créer un nouvel atelier à Saint-Jean-de-Maurienne, en 1932.

Cet atelier fut dirigé ensuite par ses fils Daniel et René et son petit-fils Jacques. Ses lames portaient la marque de la Croix de Savoie couronnée.
Il fut repris par la Société Joseph Opinel qui transféra la production en 1986 dans la nouvelle usine de Chambéry.
Jacques Opinel se vit alors confier la création et l’animation d’un très intéressant «Musée de l’Opinel» qu’il faut absolument visiter : entre l’historique du couteau et la présentation en vidéo de la fabrication moderne, on peut imaginer devant la forge, le marteau pilon et le martinet, quel était le travail du coutelier.

Lorsque tout fonctionnait entre Gevoudaz et le Plan des Rois, ce devait être une ruche bourdonnante. La population du hameau n’y suffisait pas et il fallait faire appel aux hommes des villages environnants : Charvin, la Bise, le Crêt, la Bettaz.
Mais les temps changeaient. Le XXe siècle ne se contentait plus d’un artisanat qui n’était que le complément d’une activité agro-pastorale. Si Opinel était resté cantonné dans les gorges étroites de l’Arvan, serait-il devenu ce qu’il est ?

Joseph voyait plus loin et plus grand. Dès 1916, il se préoccupa de trouver un espace plus en rapport avec les ambitions que lui autorisait la qualité de ses couteaux : un vrai espace industriel. C’était la force motrice de l’eau qui avait fixé sa famille sur les rives de l’Arvan, c’est la force de l’eau qui le poussera à s’installer près de Chambéry, à Cognin.

Là, à proximité de la capitale de la Savoie, le canal de l’Hyères actionnait les «artifices» de seize «usiniers».
C’est l’installation N° 10 qu’acheta Joseph Opinel, celle de J. B. Dumas, tanneur. Les machines de Gevoudaz furent transportées à dos de mulet ou en charrette jusqu’à la gare de Saint-Jean-de-Maurienne, puis par le train. Mais elles ne constituèrent qu’un point de départ car l’usine s’agrandit très vite, après la première guerre mondiale. D’autant plus que Joseph était désormais secondé par ses enfants : Marcel (1898 - 1990) qui dirigeait avec lui la partie industrielle de la coutellerie, s’occupait de la conception des machines, des produits, etc. ; Léon (1900 - 1964), qui dirigeait la partie commerciale (direction des vendeurs, publicité, relations avec les clients) et Angéline (1903 - 1988) qui, avant son mariage, tint la comptabilité.

Le fils de Marcel, Maurice Opinel, actuel président de la société Opinel, reste très attaché à ce canal qui fixa ici sa famille. Pourtant, aujourd’hui, on a d’autres moyens d’assurer la force motrice et l’eau de l’Hyères n’est plus guère utilisée que pour le refroidissement d’un échangeur d’huile.

MUSEE DE L'OPINEL

25, rue Jean Jaurès
73300 St-Jean-de-Maurienne
info@opinel-musee.com